Jeanne, la Pucelle


Cette nouvelle « Légende en Musique » vous est proposée par la formation Cant’amor, après la création de :
Job, Judith, Marie Magdeleine, La Divine Comédie, l’Apocalypse et la Passion de Notre Seigneur, (selon les évangiles).
Ce spectacle nous replonge dans ce personnage héroïque et mystérieux de notre Histoire de France,
nous soulignons les paradoxes d’une telle destinée,
les souffrances et le martyre qui accompagnent cette fidèle de Dieu, cette humble bergère
propulsée en sauveur de la Nation et redoutable stratège..
Nous vous invitons à la dépoussièrer avec nous de ces étiquettes faciles et sans fondement historique, dont fut affublée notre Jeanne nationale..
d’envoyée du diable sous toutes ses formes : le mensonge, l’hypocrisie, la frénésie du pouvoir..
sans oublier l’incitation au fascisme..


De plus, Les seuls documents que nous avons choisis, volontairement, reposent uniquement sur les témoignages du procès de condamnation de Jeanne,
de ses accusateurs comme de ses témoins,
puis, 20 ans plus tard de son procès de réhabilitation ;
la presse quotidienne de l’époque est aussi précieuse.


Nous avons nous-même élaboré les dialogues et les monologues.


Les musiques nous plongent dans les tourments du cœur de Jeanne et du cœur de ceux qui l’ont accompagnée ou brûlée vive..
Rossini « Giovanna d’Arco », Verdi, Halévy, Satie, Paladihle, Schubert etc..


Les musiciens sont :
mezzo-soprano : Hélène Vetter
basse : Alain Charles
pianiste : Florent Mathevet


nos récitants :
Jean Saby : l’évèque Cauchon
Béatrice Prudhomme : Jeanne
Jacques Stribick : conteur
Loïc Fonfrede : intervenant
Cyril Faure : le dominicain


cette représentation d’une heure et demi, sera sans entracte votre participation est libre..selon votre générosité..

Jeanne, la Pucelle


E. SATIE sonneries de la R. Croix (piano)
1. DIALOGUE HISTORIQUE

« Pour comprendre l’état désastreux dans lequel se situe notre pays »

ROSSINI Giovanna d’Arco (mezzo-soprano) :

C’est la nuit…le monde dort, tout est silence, comme à la veille d’un grand combat.
Seule, je veille, j’attends que l’on m’appelle du cor, mais rien seul le murmure du vent sur la rivière. Le Tout Puissant a réveillé une bergère pour sauver son troupeau, Allons,..
O mon doux pays natal, ma famille, mes prairies..
O ma mère, angoissée, tu chercheras ta fille, tu vas m’appeler, et personne ne te répondra..
mais bientôt arrivera la nouvelle, et tu seras réconfortée, et toutes les mères Françaises envieront ton sort..


DIALOGUE (suite)

« Elle obéit à ses voix, emplie de confiance… »

ROSSINI Giovanna d’Arco (mezzo-soprano)

Et cependant que de pleurs, repentez-vous, voyez cette lumière qui rayonne à l’Orient
ce n’est pas le lever du soleil, non c’est ma Vision, je la reconnais, gigantesque, elle emplit le ciel et me fait signe :
Ange de la Mort, tu m’appelles, je viens..
Ah quelle flamme dans ton regard, qui déjà me touche et me brûle..
vite une torche, marchons au combat
Vive le roi, la victoire est avec moi, le Seigneur ne nous abandonne pas dans la bataille


DIALOGUE (suite)

« Et ce fameux étendard… »

DURANTE Virgin tutto amor (mezzo-soprano)

O Vierge, ô Mère de toute bonté, écoute, douce Mère, la voix du pécheur, son chagrin te touche comme nous tous, Vierge de toute douceur, porte-le dans ta prière


DIALOGUE (suite)

« Parlez-nous de son épée…»

ROSSINI Giovanna d’Arco (mezzo-soprano )

La joie court d’un cœur à l’autre, mais laissez-moi vous demander timidement :
qui a sauvé le roi ?
Eh bien, c’est la Pucelle qui a vaincu, parce qu’elle a espéré en Dieu
Vite un flambeau, Marchons à la victoire, la Victoire est avec nous !


2. 1er MONOLOGUE DE JEANNE
EUGENE DIAZ Benvenutto Cellini (Basse)

Seigneur, je t’appelle, courbé sous Ta loi, invoque pour moi ta grâce éternelle, ta pitié, Ah rends-moi la Patrie et la Vie, Pitié, Seigneur,
Amour, rêves entrevus, mes yeux ne vous verront plus


3. LE PROCES 21 février 1431

« Jurez de dire la vérité… »

EMILE PALADIHLE Patrie ! (basse)

Pauvre martyre obscur, humble héros d’une heure, je te salue et je te pleure


LE PROCES (suite)

« C’est alors qu’on se décide d’une mise en scène… »


LE PROCES (suite)
VERDI Le Trouvère « Stride la vampa »(mezzo-soprano)

La flamme crépite, la foule accourt, ivre de poie, hurle…
Enchaînée, la femme, le visage pâle s’avance vers cette flamme sinistre qui s’élève vers le ciel et bientôt la dévorera..


4. 2ème MONOLOGUE DE JEANNE

« Seigneur, j’ai tâché de toujours obéir… »

SCHUBERT La jeune fille et la mort (mezzo-soprano)

La jeune fille : Va-t’en, va-t’en, toi homme sauvage de la mort.
je suis encore jeune et ne veut pas mourir
la Mort : Donne-moi ta main, belle enfant, je suis ton amie, sois courageuse, je ne suis pas sauvage, viens dans mes bras, doucement t’endormir..


5. LA MORT DE JEANNE

« Seigneur, j’ai tâché de toujours obéir… »

VERDI Nabucco (mezzo-soprano)

le firmament s’entrouvre, et mon âme s’unit au Seigneur, dans une joie sublime
Ô splendeur des astres, adieu,
La lumière de Dieu déjà m’irradie, et mon âme s’envole vers le ciel..


6. EPILOGUE

« Jeanne fut réhabilitée par les hommes… »

J. HALEVY La Juive (basse)

si la rigueur et la vengeance leur font haïr Ta sainte loi, que le pardon, que la clémence mon Dieu, les ramène en ce jour vers Toi
Rappelons-nous son précepte sacré, ouvrons nos bras à l’enfant égaré..


A Jeanne d'Arc,


Quand le Dieu des armées te donnant la victoire Tu chassas l'étranger et fis sacrer le roi Jeanne, ton nom devint célèbre dans l'histoire Nos plus grands conquérants pâlirent devant toi.


Mais ce n'était encor qu'une gloire éphémère Il fallait à ton nom l'auréole des Saints Aussi le Bien Aimé t'offrit sa coupe amère Et tu fus comme Lui rejetée des humains.


Au fond d'un noir cachot, chargée de lourdes chaînes Le cruel étranger t'abreuva de douleurs Pas un de tes amis ne prit part à tes peines Pas un ne s'avança pour essuyer tes pleurs.


Jeanne, tu m'apparais plus brillante et plus belle Qu'au sacre de ton roi, dans ta sombre prison. Ce céleste reflet de la gloire éternelle Qui donc te l'apporta ? Ce fut la trahison.


Ah ! si le Dieu d'amour en la vallée des larmes N'était venu chercher la trahison, la mort La souffrance pour nous aurait été sans charmes Maintenant nous l'aimons, elle est notre trésor.


Thérèse de Lisieux, mai 1887

Ce n'est pas dans la victoire et la gloire que Jeanne s'accomplit, mais dans le « cachot » et la « trahison », où elle s'identifie elle même à Jésus. Et Lui, par sa mort, donne à toute souffrance « son charme ». Thérèse se trouve pareillement « au fond d’un noir cachot, chargée de lourdes chaînes » par l'épreuve de la foi ; elle boit à « la coupe amère du Bien Aimé » par la maladie. A nous aussi elle apparaît « plus brillante et plus belle dans sa sombre prison ».